Comment se forment les météorites
?
Les météorites primitives, âgées
de plus de 4,5 milliards d’années, se sont formées
dans la nébuleuse solaire, à l’époque
où aucune planète n’existait encore autour
de notre soleil. Des grains de poussières stellaires ont
peu à peu créé des astéroïdes
ou des planètes.
Les
météorites non différenciées
sont les plus anciennes. Elles correspondent dans la classification
aux chondrites. Elles sont composées de chondres (des agglomérats
de billes de silicates) attachées entre elles par une matrice
noirâtre. Les météorites non différenciées
ont peu changé depuis leur création, il y a plus
de 4,5 milliards d'années pour les plus âgées.
Elles sont un peu plus âgées que la Terre ! Elles
se sont formées par accrétion, c'est-à-dire
par l'aggrégation de chondres eux-mêmes constitués
de grains de poussières stellaires microscopiques qui fusionnèrent
à des températures supérieures à 1500°C
et qui refroidirent presque instantanément. La présence
de verre dans les chondres permet de soutenir une telle théorie.
Les chondrites contiennent également des inclusions plus
claires, parfois blanchâtres. On les appelle des inclusions
réfractaires. On pense que ces traces minérales
se sont également formées à des températures
supérieures à 1500°C par condensation à
partir des gaz de la nébuleuse solaire primitive. Enfin,
certaines chondrites contiennent des grains micrométriques
(les grains présolaires) qui se seraient formés
avant la naissance du soleil ! Vous l'aurez compris, les météorites,
et en particulier les météorites non différenciées,
nous fournissent de précieux indices pour étudier
la naissance de notre système solaire et son évolution.
Les
météorites différenciées
englobent les achondrites, les mixtes et les météorites
de fer. Elles se caractérisent par l’absence de chondres
bien qu’elles soient également issues d’une
fusion de corps parents chondritiques.
Les achondrites ressemblent beaucoup aux roches terrestres magmatiques
(basaltes, péridotites, anorthosites). Certaines ont une
origine crustale (proche de la surface, comme la croûte
terrestre) et d’autres ont une origine mantellique (le manteau
du corps parent).
Les météorites de fer sont des météorites
constituées principalement d’un alliage ferreux avec
au moins 5% de nickel. Elles se distinguent de certains minerais
de fer terrestres par la présence de figures de Widmanstätten
ou de lignes de Neumann.
Les mixtes sont composées d’un mélange de
silicates (bronzite, olivine, anorthite) et d’alliage de
fer et nickel. Les mixtes sont divisées en deux groupes
: les pallasites provenant de la limite entre le manteau et le
noyau d’un astéroïde différencié,
et les mésosidérites issues probablement d’un
impact violent entre un astéroïde d’origine
volcanique et une météorite de fer.
D’où viennent les météorites
et pourquoi les étudier ?
Les météorites sont très importantes pour
la science car leur âge ou celui de leur astre-mère
est parfois plus vieux que celui de la Terre.
La plupart
proviennent de la ceinture d’astéroïdes gravitant
entre Mars et Jupiter. Certaines ont même été
éjectées de la surface de Mars ou de la Lune. Leur
analyse est en effet très proche des roches ramenées
ou analysées sur place par les missions spatiales successives.

Les météorites
nous informent sur le processus de formation du système
solaire.
Les météorites
primitives nous informent sur la composition de la nébuleuse
solaire, sur les réactions chimiques et les forces physiques
qui s’y produisirent et sur l’échelle de temps
de tous ces processus.
Les météorites
différenciées nous permettent de mieux comprendre
la composition des planètes et des astéroïdes
grâce à leurs origines multiples (croûte, manteau
ou noyau).
Les météorites
pourraient aussi nous éclairer sur l’origine de la
vie sur Terre. Elles contiennent, pour certaines, des matières
organiques non dérivées du vivant et qui ont pu
intervenir à l’apparition de la vie.